lettre aux sénateurs

Ignacio Gárate-Martínez
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Messieurs les Sénateurs, Alors qu'une volonté politique d'améliorer l'attention portée à l'hygiène mentale des citoyens voit le jour à travers l'amendement Accoyer, une part importante de la liberté de parole risque de disparaître dans la confusion des genres et des disciplines que cet amendement induit. Que veut l'amendement ? Garantir les bonnes pratiques thérapeutiques par le contrôle de la formation des psychothérapeutes autour d'une notion, la Santé publique, dont le modèle millénaire est la formation des médecins. Ainsi, l'amendement prévoit que les psychothérapeutes, pour avoir le droit d'exercer, soient titulaires de diplômes de type universitaire (médecine ou psychologie) qui garantissent leur niveau culturel, la rigueur de leur démarche intellectuelle, et la compétence suffisante dans le domaine de la souffrance psychique que l'on appelle « psychopathologie ». Est-ce que cela est une erreur ?

l'amendement et la didactique

elsa ebenstein
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L'amendement Accoyer est inutile, probablement nuisible, évidemment dicté par un souci de normalisation (la déréglementation et la normalisation ne sont pas, loin s'en faut, incompatibles, et ce gouvernement le prouve quotidiennement, pas seulement dans le domaine de la santé mentale !) mais ça pourrait être pire. En effet, il a la modestie de ne pas tenter de trancher la débat sur ce qui distingue psychanalyse et psychothérapie et le bon sens de ne reconnaître aucune école ou société de psychanalyse comme susceptible de former et garantir ses membres au regard des exigences posées par la loi1. D'une certaine façon, on pourrait même dire qu'il ne change rien : d'un côté, des diplômes universitaires exigés pour exercer légalement (qui s'avéraient déjà nécessaires pour intervenir en institution) ; de l'autre, la formation du psychanalyste, qui reste hors de toute reconnaissance légale.

On remercie un psychanalyste

jean-michel Louka
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14 (contribution au débat vu de la France hospitalière)  En 1931-1932, mon père, interne en chirurgie à Reims, fut sans doute l'un des premiers fondateurs de centres anti-cancéreux en France, aux côtés de son patron. A cette époque la lutte anti-cancéreuse était essentiellement, voire exclusivement, chirurgicale.  Après avoir trempé moi-même quelques années dans l'étude de la médecine, je m'en suis éloigné, définitivement, croyais-je naïvement à l'époque, après le refus de la perspective à laquelle rêvait, pour lui, pour moi, mon père : l'internat de chirurgie…. Pour finir par passer ma thèse de doctorat,… en Anthropologie et Sociologie de la médecine et de la santé. Sujet de thèse : l'alcoolisme féminin ! Puis vînt la psychanalyse…., comme doublure, au sens vestimentaire du terme, de l'enseignement supérieur, la recherche au CNRS, et… l'Hôpital.

Extraits du rapport de Roland Gori sur la formation des praticiens du soin psychique

Roland Gori
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Nous avons obtenu d'une source autorisée une copie des extrait de ce rapport dont la lecture nous semble indispensable dans le contexte actuel Extraits du Rapport rédigé par Roland Gori à la demande de Jean-Marc Fabre, Vice-président de l'Université d'Aix-Marseille I, chargé du Centre d'Aix - Printemps 2003 Préambule Selon les prévisions des sphères des pouvoirs publics en charge de la santé, une pénurie des médecins qualifiés en psychiatrie est annoncée. En outre, nous savons que la formation de ces spécialistes, dans le champ aujourd'hui critique des psychothérapies par exemple, ne répond pas toujours aux demandes de prise en charge des souffrances ordinaires et existentielles pour lesquelles ils sont consultés.

A quoi hier aura servi  Propos sur les garanties

Ignacio Gárate-Martínez
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A quoi hier aura servi ? Propos sur les garanties Par Ignacio Gárate Martínez Cher Laurent Le Vaguerèse, Encore une fois me voici sollicité pour dire, au nom de ma pratique singulière de psychanalyste, celle qui nous fonde à être seul, sans vouloir être « le seul », ce que je pense des événements actuels qui reviennent en force pour donner un amendement à la loi et mieux gérer ainsi les bonnes garanties des psychothérapies… Il semblerait, d'ailleurs, qu'il s'agisse tout simplement ou du moins pour l'essentiel, de réclamer le diplôme de psychologie ou de médecine pour garantir l'exercice des psychothérapies. Sans doute, le décret d'application prévoira-t-il quelques dérogations à cette nouvelle norme et tout rentrera dans l'ordre. De quel ordre s'agit-il ?

Vers des associations de consommateurs de psychothérapie

Sophie Mendelsohn
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Vers des associations de consommateurs de psychothérapies… Sophie Mendelsohn  Plusieurs choses étonnent dans cet amendement Accoyer, tant par son contenu qu'à cause du contexte où il intervient : d'abord la rapidité avec laquelle il a été voté et qui a pris tout le monde de court ; ensuite, la mise en équivalence de toutes formes de psychothérapies qu'il induit – équivalence où la psychanalyse se trouve dépossédée de toute singularité, ravalée à n'être qu'une parmi tant d'autres dans l'oubli coupable de son histoire propre aussi bien que de l'histoire de la pensée du sujet et des modes de subjectivation à laquelle elle a activement et publiquement participé. On peut sans doute voir là un effet de l'attaque sur tous les fronts que subissent actuellement les sciences humaines, à l'Université et ailleurs. Le journal Libération, dans son édition du samedi 25 octobre, n'a pas manqué de faire écho à l'ère nouvelle qui s'ouvre avec cet amendement, celle des « actes psychothérapeutiques ».

les divines surprises de Bernard Accoyer

Laurent Le Vaguerèse
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Les divines surprises de Bernard Accoyer

fumer fait vivre

Anne Serre
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Sous prétexte d'éviter aux gens de mourir (de quoi se mêle-t-on ?), le prix des cigarettes, déjà très élevé, va encore être augmenté. Les cigarettes vont donc devenir un produit de luxe que seuls les riches pourront se procurer. Où fume-t-on le plus ? Où la cigarette est-elle le dernier plaisir, la dernière marque de socialisation quand tout le reste s'est effondré ? Dans les prisons et les hôpitaux psychiatriques. Dans les couloirs de Sainte-Anne ou de Maison Blanche, les patients ralentis par leur camisole chimique, se déplaçant comme des petits vieux, vont les uns vers les autres avec ce seul laissez-passer aux lèvres : «Vous avez une cigarette ?» Autour de cet objet se nouent les relations normales de don, d'échange, de refus : «Ne lui en donne pas, me dit R. qui me désigne un autre patient, il en demande tout le temps. Par contre, à celui-ci j'en offre, parce qu'il en réclame rarement, et parfois même, il m'en propose.»

Canicule

Christian Soler
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Canicule (1) Par la fenêtre de la chambre grande ouverte, je perçois soudain le doux crépitement des gouttes de pluie tombant dans le jardin. Une discrète odeur d'herbe mouillée me parvient, un souffle d'air frais me caresse. Il est 4 heures du matin, je ne veux pas me rendormir, je goûte l'instant. J'ai dormi jusqu'à 9 heures. C'est mon premier jour de vacances. Je prends conscience de ma fatigue. Je suis une terre aride, ravinée. J'ai besoin d'eau, j'ai besoin de me réparer. La semaine a été harassante. Des malades qui souffrent, se plaignent de la chaleur. Les gens n'ont plus de patience, s'énervent, l'atmosphère est tendue, électrique. Certains « pétent les plombs ». Beaucoup de médecins en congés. Pour ceux qui restent, un surcroît de travail, dans la fournaise. J'écoute les nouvelles à la radio. Beaucoup de morts pendant ces deux semaines de canicule. Indignation générale. Comment est-ce possible ? Mais que fait donc le gouvernement ? Encore un peu dans mes rêves de la nuit écoulée, je suis abasourdi.

Journal d'un psychanalyste à la tache d'huile

Teodoro Lecman tlecman@psi.uba.ar Lecturas del Psicoanalisis Viamonte 2124 1 A 4952-3005 Buenos Aires
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"Journal d'un psychanalyste à la tache d'huile" (I) "¡Fuenteovejuna !", c'était le cripoussé par le peuple des émeutiers de la cité de Fuenteovejuna, dans l'ouvrage homonyme de Lope de Vega. "¡Argentina !". C'était parfois le cri que poussaient les gens hier, au milieu des concerts de casserole.  Comme si le nom seul, le nom d'une patrie nébuleuse et mystifiée par les discours chauvinistes, le nom d'une utopie de conquérants espagnols, comme Eldorado(Argentina vient d'argent, et la plupart de l'argent fut trouvé et ravagé au Pérou, pas en l'Argentine), comme si ce nom pouvait à lui seul restituer la figure estompée d'une présence perdue. Ce n' était pas du chauvinisme, c'était seulement l'expression d'une profonde désorientation.Par contre, le bruit des casseroles, le pillage des supermarchés, les tirs, les corps, les morts et les blessés, la faim, la fureur, le malaise, tout s'accordait.

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