Les groupes comme pratique thérapeutique avec l’enfant et l’adolescent se sont beaucoup développés ces quarante dernières années. Les motifs de faire groupe ne sont pourtant pas toujours explicites. Il peut s’agir de contourner les résistances de patients un peu enclins à accéder à des soins psychiques et parfois celles de leurs parents. La clinique des états-limites et ses aléas incitent aussi à plus de prudence vis-à-vis de cures classiques mal suivies ou rendues interminables. L’abord groupal, connu pour sa fonction de relance de l’activité représentationnelle, peut alors apparaître comme une alternative précieuse. Mais l’indication reste essentiellement ici par défaut.

Partant des premières spéculations freudiennes sur la horde sauvage, les foules et la civilisation, des psychanalystes ont depuis enrichi et complexifié les connaissances sur le groupe. Ils ont établi les spécificités du cadre du groupe, en référence à celui de la cure individuelle, et de la dynamique processuelle qui se déploie à partir de ce cadre. La rencontre avec le groupe non-éducatif soumet le sujet à une expérience singulière qui réactive des attentes et des angoisses archaïques en le confrontant à une perte identitaire. Ces potentialités régressives du groupe favorisent un travail psychique à des niveaux difficilement accessibles autrement. Elles mobilisent en retour des mécanismes défensifs individuels et collectifs. Lorsque les choses évoluent favorablement, la formation d’un contenant groupal oeuvre à l’intégration des contenus pulsionnels, des conflits et des alliances inconscientes, voire en deçà de parties non-symbolisées du soi, pour s’établir comme espace transitionnel et espace à rêver. La problématique convoquée est à la fois celle du groupe lui-même, des liens et de l’interpsychique auxquels la famille donne le premier fondement, et celle de l’individu.

Cette journée sera l’occasion de montrer comment la rencontre entre l’enfant et le groupe prend forme et se modifie, à partir de moments critiques et de reprises progrédientes, se met en résonance avec d’autres espaces groupaux, dans différentes configurations de groupe, social et thérapeutique.

Sous la présidence de Gérard BAYLE, Psychanalyste, membre titulaire et formateur de la SPP

Comité d’organisation :

Jacques ANGELERGUES
Hervé CHAPELLIERE
Maya GARBOUA
Véronique LAURENT
Françoise MOGGIO