Jean Fourton est né en 1934. Artiste plasticien, clinicien psychanalyste depuis 1973, analysant et disciple de Jacques Lacan, conférencier, il a été membre de V Ecole freudienne de Paris.

Jean FOURTON
FREUD Franc-maçon
Sigmund Freud était franc-maçon. A défaut de le savoir, la plupart de ses biographes ont préféré l'ignorer. Et parfois le taire ! C'est d'autant plus regrettable que son appartenance, plus de quarante années durant, à la loge « Wien » au sein de l'ordre du B'nai B'rith lui permit, en maints moments de sa vie, de trouver une audience, de présenter ses travaux sur la psychanalyse et, si l'on peut dire, de les tester auprès des frères de son atelier. Ainsi « le travail de rêve », voie royale de l'inconscient, fut-il pour la première fois dévoilé en loge avant de faire l'objet des nombreuses publications que l'on sait.
Jean Fourton ne se contente pas de retracer ici le parcours initiatique de Freud ni de dresser l'inventaire des vingt-sept conférences connues que ce dernier donna à sa loge. Il établit également les liens et les « transferts » qui unirent l'auteur de Totem et Tabou à la franc-maçonnerie. Et, ainsi, il fait bien plus que réparer un oubli : il donne à découvrir l'ensemble d'une œuvre sous une autre perspective.

------------------------------
Compte –rendu de lecture sur « FREUD Franc-maçon de Jean FOURTON, Editions Lucien Souny, 2012,105 pages biblio comprises.

Jean FOURTON a exercé comme artiste plasticien, puis comme Psychanalyste depuis 1973. Analysant de Jacques Lacan, il a été membre de l’École Freudienne de Paris.

L’idée princeps de l’auteur est d’affirmer de manière péremptoire que Freud a appartenu pendant 42 ans à l’ordre du B’nai B’rith qui signifie en hébreu « fils de l’alliance » et est une des plus vieilles organisations juives, engagé dans une grande variété de services communautaires et d’activité de soutien. Elle a été fondée à New-York en 1843 et se calque dans son organisation sur les modèles maçonniques mais n’est pas reconnue par eux, le B’nai B’rith étant exclusivement un ordre israélite toujours actif de nos jours.

Il est en tout premier lieu regrettable d’utiliser comme titre d’un ouvrage une affirmation « Freud Franc-maçon », alors qu’au décours de celui-ci, aucun écrit ne renvoie à des références bibliographiques venant étayer cette thèse. Tous les historiens de la psychanalyse et en premier lieu les deux ouvrages d’Elisabeth Roudinesco qui font autorité, n’apporte de crédibilité à cette thèse. Que Freud ai fréquenté la loge « Wien » du B’nai B’rith, cela a souvent été souligné, et on peut se reporter au « Freud Muséum » pour trouver traces des échanges épistolaires de Freud avec cette loge, mais cela n’implique en rien un engagement maçonnique chez celui-ci. Faute de révéler ces sources, cet ouvrage est dans l’affirmation d’une certitude et non pas dans la recherche de la vérité.

Sur le plan de la présentation du livre , il n’existe aucun chapitre, mais des suites de digressions personnelles sur la rencontre de l’auteur avec Jacques Lacan, sur son analyse, sur le bien fondé des séances courtes, pour en arriver à l’initiation de Freud en loge avec forces descriptions d’un rituel qui ressemble fort au « Marronnier » qui agrémente la une de quelques hebdomadaires Français et qui dope leurs ventes . La Franc Maçonnerie par le secret qui l’entoure favorise l’imaginaire du complot qu’elle suscite par son opacité.
La thèse centrale du livre est donc que Freud était franc-maçon, et qu’à défaut de le savoir la plupart de ses biographes ont préféré l’ignorer. Et parfois le taire ce qui induit l’idée d’une forclusion au sein même de la communauté analytique. Voila une révélation qui se doit d’être soutenue par des preuves manuscrites, mais la bibliographie ne comporte que des titres d’ouvrages n’orientant pas aux échanges épistolaires que Jean Fourton nomme à l’appui de ses dires.
Freud aurait donc donné la primeur en 1897 dans la 1oge « Wienn » du B’nai B’rith de sa conceptualisation du travail du rêve. Le lecteur serait curieux d’avoir les références exactes de cette intervention en fin d’ouvrage, mais là encore il se heurte au vide.
Faute de rigueur dans la vérification des preuves de ses assertions, la thèse de son ouvrage ne peut aboutir qu’à révéler les croyances de son auteur.

Henri-Pierre BASS