» Alors pourquoi parler de seconde mort de l'opéra ? Je
n'irai pas par quatre chemins : l'opéra, enfant mort-né de
Part musical, est mort depuis ses débuts. L'un des reproches
les plus courants consiste à dire que l'opéra actuel est obso-
lète, plus réellement vivant, et plus grave encore (c'est un
autre aspect du même reproche), qu'il a cessé d'être un art
pleinement autonome - il doit toujours s'appuyer de manière
parasite sur d'aurres arts (la musique « pure », le théâtre).
Au lieu de nier ces accusations, on devrait les radicaliser
pour mieux les contrer : l'opéra n'a jamais été en accord
avec son temps - depuis ses débuts, il est considéré comme
« dépassé », comme une solution rétroactive à une crise de
la musique, comme un art « impur. » Pour dire les choses en
termes hégéliens, l'opéra est « dépassé » dans son concept
même. Comment, dès lors, ne pas l'aimer ? »