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Sans gilet jaune, Freud est toujours jeune ! Qui sont les psychanalystes, sinon les serviteurs de rêves mis en commun, dont nous avons quelques clefs ? Jusqu’au désastre de 1933, Freud fut cette grande figure libératrice d’une Vienne multicolore. Il y ouvrit des dispensaires gratuits. Il intervint dans la rédaction de lois sur le mariage, pour plus de liberté. Freud écrivit à propos de la psyche qu’elle est aveugle et sourde :
Weiẞ nicht Davon ! « Elle n’est pas au courant » (elle s’en fout). A quoi sert l’analyse sinon à libérer son sujet ?
« L’inconscient, c’est le politique », écrivit Lacan. Car la Res Publica s’ordonne selon des rêves mis en commun. Sinon la psychanalyse ne serait qu’un instrument d’oppression de plus, prêchant la soumission, reproduisant dans les cures l’idéologie en cours, ses silences, et ses régressions. Freud n’était pas comme ça, il parlait, il libérait, comme Lacan, Dolto et bien d’autres. Ceux qui prônent une prétendue « neutralité » de l’analyste (terme que Freud n’a jamais employé) acceptent déjà le statu quo.
Traum einer Ding : « Notre devise doit donc être : réforme de la conscience - non par des dogmes - mais par l’analyse de la conscience mystique inintelligible à elle-même, qu’elle se manifeste dans la religion ou dans la politique. Il apparaîtra alors que depuis longtemps le monde porte le rêve d’une chose dont il lui suffirait de prendre conscience pour la posséder réellement. » écrivit Marx.
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