Psychanalyse et adolescence ont en commun d’être affaire de passage. Changement de discours, remaniement des objets de la pulsion, réécriture du rapport aux altérités sont interrogés tant par la clinique analytique que par l’opération adolescente. Ces deux scènes se rencontrent parfois pour inventer du lien dans ce qui ne fait pas rapport, ni rapport à l’altérité radicale de l’autre sexe, ni rapport à quelque Autre qui tienne. L’adolescent, lorsqu’il prend la parole, c'est-à-dire lorsqu’il la prend à l’autre, se fait le témoin qu’aucun discours (science, culture, religion, politique…) n’est apte à écrire un rapport.
L’adolescent peut être héros ou martyr de l’incomplétude et de l’inconsistance, formidable créateur de symptôme comme terrifiant destructeur des semblants. Comme l’analyste dans le transfert, mais souvent avec plus de soudaineté et moins de soucis de préserver l’autre, il pointe le point aveugle de l’altérité et de l’autorité de référence, le lieu dans la structure où se nient et se refoulent les signifiants de la castration.
                     Voici l’hypothèse mise au travail dans ce colloque. La psychopathologie de la vie quotidienne de l’adolescent, comme objet d’investigation de la clinique psychanalytique, serait l’exploration de ces productions de l’inconscient, du lapsus aux objets culturels et artistiques, des mouvements révolutionnaires aux engagements passionnés, qui raisonnent dans les espaces du discours où se lient et se délient, se nouent et se dénouent, les rapports à l’histoire, à l’humain, aux figures de l’étrangeté, de l’immaitrisable et de l’impossible à savoir.

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