(Fiche complète de présentation et bibliographie sur le site de l'Ecole lacanienne de psychanalyse ou sur jeanallouch.com)
Qu’à l’annonce nietzschéenne de la mort de Dieu ait succédé une nouvelle présence de Dieu, de cela ne doute aucune personne quelque peu éveillée. Dieu assassiné, subsistent ses fantômes. Ils hantent l’analyse, ils en verrouillent obstinément certains questionnements. On l’entrevoit quelque peu lorsqu’il s’agit du père, de l’Autre, de l’Être, de l’amour ; plus difficilement à l’endroit du dire, de l’histoire ou encore – oui… on y viendra – du féminin.
Cependant, ce Dieu mis à mort ne l’est pas pour tout le monde. Chez d’aucuns, il ressort magnifié du coup que lui portait le Forcené nietzschéen en plein soleil de midi sur la place publique. Et c’est eux que l’on consultera d’abord, car leur combat, en explicitant ses attendus, permet de distinguer, comme au travers d’une loupe, les lieux qu’occupent les fantômes de Dieu dans l’analyse, d’en dessiner l’intempestive et inhibante configuration.
D’autres s’emploient à en finir avec non seulement le jugement mais la mort de Dieu. Eux aussi peuvent valoir comme des révélateurs d’un questionnement dont il semble bien que le freudisme ne puisse le mener en interne. On en veut pour preuve ce fait que l’analyse n’a jamais traité de la mort de Dieu en son lieu (Hegel, Hölderlin, Nietzsche, Heine et quelques autres). C’est pourtant dans sa suite immédiate qu’elle s’est constituée. Il est temps de le savoir.
D’autant qu’avait entrebâillé la porte un dénommé Daniel Paul Schreber, que nul analyste n’a rencontré alors même qu’il le demandait et que Freud lui avait octroyé le titre de « Professeur de psychiatrie et directeur d’asile ». N’est-il pas frappant que ni lui ni Lacan n’aient rapproché Schreber d’Hölderlin alors que tous deux ont affaire à un Dieu qui se retire ? Aussi tentera-t-on de relire Schreber à la lumière de la mort de Dieu . Malentendu : Schreber, il le répète cent fois, écrit de la théologie, son corps est habité de phénomènes indissociablement religieux et érotiques, et l’on en fait un problème d’ordre psychologique. Indécence.
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