- 1 - jeudi 12 avril : Supervision en groupe ou par le groupe ?
Intervenant : Philippe ROBERT, psychanalyste, thérapeute familial, maître de conférences, Université René Descartes.
Le terme supervision désigne des dispositifs très différents. Nous supervisons des cliniciens individuellement et en groupe, soit en institution soit en libéral. Dans un premier temps, j'interrogerai la raison de tel ou tel choix. Ensuite, je distinguerai les supervisions de groupe et les supervisions en groupe. Puis, je préciserai, dans ce dernier cas, les effets inhibants ou facilitants l'élaboration par les processus groupaux en étudiant autant que possible le travail contre-transférentiel de l'animateur ou de l'analyste de groupe via ses attitudes et contre-attitudes. Les capacités empathiques du superviseur et son narcissisme seront questionnés.
- 2 - Jeudi 10 mai : Traiter le vécu du traumatisme par un travail
analytique en groupe ?
Intervenante : Danièle TOUBERT, psychologue clinicienne, psychothérapeute, Tiers externe auprès d’équipes pluriprofessionnelles de soins, Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense/INSHEA
Le petit groupe est reconnu comme un lieu de traitements pour des sujets blessés narcissiquement ou éprouvant des souffrances primitives. Avec des personnes gravement malades qui ont le sentiment de ne pas pouvoir être comprises ou entendues par d’autres, nous essaierons de montrer ce qu’un travail analytique de groupe sans visée thérapeutique peut apporter de spécifique. Nous questionnerons en quoi et comment le cadre proposé peut constituer pour le groupe une ressource sur laquelle s’étayer, par ses effets de limites : il délimite les espaces (intérieur/extérieur, interne/externe), sépare et différencie le soi d’autrui, introduit de la distanciation mais aussi permet la distinction (mot/chose), ouvrant ainsi la voie à la représentation.
- 3 - Jeudi 14 juin : Intérêts de l’approche psychanalytique groupale
dans la prise en charge d’enfants à traumatismes psychiques induits par des pathologies somatiques sévères nécessitant un traitement de longue durée.
Intervenant : Henri-Pierre BASS, psychologue clinicien, psychanalyste (Paris), Chargé de cours à l’Université Paris-Descartes.
Avec l’apparition d’une maladie somatique grave chez un enfant l’obligeant à se soumettre à un traitement au long cours en pédiatrie survient un traumatisme psychique aux incidences majeures sur les relations familiales, les parents et la fratrie. La prise en charge sollicite une malléabilité du cadre d’intervention ; il est en effet d’une importance extrême de repenser celui-ci, afin d’éviter des processus régressifs de survie, qui peuvent se manifester par un « gel de la pensée » et des affects entrainant une incapacité à maintenir la permanence du sentiment de soi groupal et familial, nécessaire pour lutter contre l’effondrement. Il est important d’appréhender ici les différentes modalités de groupalité (individuelles, familiales, institutionnelles), qui sont atteintes par l’angoisse au cours de ces différents déroulés de traitements. Des accueils en groupes d’enfants seront relatés et leurs effets psychothérapeutiques explicités.
- 4 - Jeudi 18 octobre : La valeur de l'absence
dans la psychothérapie analytique de groupe
Intervenante : Anastasia TOLIOU, Psychologue clinicienne, études en Grèce et à Paris, analyste de groupe, ASM et analyses des pratiques dans différents établissements, Cabinet libéral.
La littérature psychanalytique souligne la fonction structurante de l'absence pour le développement psychosexuel et l'avènement de l'individuation.
À partir de l'expérience d'un groupe de psychothérapie analytique en CMP, ouverte à des patients états limites, nous interrogeons les différentes formes que l'absence prend : interruption des séances, départ d'un participant, absences consécutives d'un participants sans départ définitif. Dans quelle mesure ces mouvements facilitent ou entravent la pensée du groupe ? Quelles conditions permettent le processus d'élaboration mentale ? Quels effets peut on observer sur les individus ?
- 5 - Jeudi 15 novembre : Ce que rend possible la règle d’abstinence
dans le système des règles en psychanalyse groupale
Intervenant : André SIROTA, psychanalyste groupal, tiers externe auprès d’équipes pluri-professionnelles de soin psychique, d’enseignement, d‘éducation et d’interventions socio-éducatives ; professeur émérite, directeur de recherche, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, EA 4430 - LASI
En prenant appui sur les travaux inauguraux de Didier Anzieu, et en pensant la règle d’abstinence comme structurante du système des règles en psychanalyse groupale, nous nous poserons la question de savoir de quoi il s’agit de s’abstenir sans nous mortifier, sans être mortifère, c’est-à-dire sans induire pour tous un climat thanatophore. Nous dégagerons, à l’aide d’extraits de récits rendant compte de plusieurs situations groupales, ce que la règle d’abstinence apporte à l’expérience du groupe.
- 6 – jeudi 13 décembre : Les sirènes d’Ulysse et la groupalité
psychique dans les soins palliatifs
Intervenant : Christophe BITTOLO - Psychologue, psychanalyste (Montigny le Bretonneux), analyste de groupe et d’institution (Association Transition), enseignant-chercheur associé (Laboratoire LPCP EA 4056, Université Paris Descartes) .
Dans le domaine des soins palliatifs, les missions des équipes mobiles placent les professionnels sur un chemin de crête lourd de menace et de danger : le mourant et sa famille d’un côté, doublé de l’état des services hospitaliers de l’autre situe l’attention portée sur la fin de la vie à l’intérieur tant des mutations institutionnelles que connaît l’hôpital que du débat sur l’euthanasie. C’est dans ce contexte que la pensée d’équipe opère un travail psychique particulier dans lequel l’archaïque et la mélancolie tiennent une place qui sera discutée.
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