Le Cercle Freudien reçoit Simone MOLINA pour son livre : « Archives incandescentes- Ecrire entre la psychanalyse, l'Histoire et le politique », préface signée par Benjamin Stora, Collection Che Vuoi ? Psychanalyse et faits sociaux, Ed L’Harmattan novembre 2011
Psychanalyste et écrivain, Simone Molina est anime des chantiers d'écriture et est chargée de cours à l’Université de Marseille. elle est membre fondateur de l'Association "Point de Capiton" située dans le Vaucluse.
quelques mots sur l'ouvrage :
Les archives sont du domaine de l’historien mais aussi du psychanalyste si l’on entend par « archives » les traces qui demeurent incandescentes dans l’Inconscient. Elles sont parfois inscrites sur le corps ou dans les passages à l’acte de celui dont l’histoire personnelle est conjuguée de façon traumatique à la grande Histoire. Comment alors pourra-t-il faire histoire, interroge Simone Molina, si rien n’est entendu par l’analyste des éléments historiques de son histoire personnelle, si rien n’est énoncé dans le discours social de ce qui l’a figé dans une place impossible ?
Les traumatismes de guerre ont des effets sur les individus, sur leur descendance et aussi sur les peuples. Prenant appui sur la pratique clinique et institutionnelle, mais aussi sur des écrits littéraires et historiques concernant la Seconde Guerre mondiale et l’histoire de l’Algérie, l’auteure veut dégager les stratégies conscientes et inconscientes de ceux qui, soumis à la tourmente de l’Histoire, tentent de survivre psychiquement à l’effroyable. Ce faisant, elle aborde des pans mal connus de l’Histoire du XXème siècle.Qu’en est-il donc de l’Histoire lorsqu’elle est appréhendée non par l’historien mais par le psychanalyste ?
Mais aussi, qu’est-ce qui peuple l’écoute d’une analyste ? Et en quoi le désir d’écrire et donc la littérature participent-ils de ce rêve inavoué du lien des êtres humains à la parole et à la transmission ?
Comme l’indique le sous-titre, il s’agit d’un livre à plusieurs entrées. On peut retenir l’importance qu’accorde l’auteure à la mise en évidence des passerelles entre la clinique du trauma et celle des psychoses. S'appuyant sur la narration romanesque, ce questionnement court tout au long de l'ouvrage.
La question du rapport entre le sujet et le Collectif est permanente. Elle témoigne d’une expérience d’interpellation du champ culturel quant à la place qu’occupe la Folie dans notre société. La psychanalyse dans le lien social, et donc la dimension du politique, est abordée à partir d'une double pratique clinique – institutionnelle et privée – mais aussi à partir de l'intérêt porté par Simone Molina à l'écriture et aux processus de création de l’écrivain ou des écrivants en atelier – qu'il s'agisse d'atelier en ville ou d'atelier en institution de soin.
Enfin, parmi les fils rouges qui courent tout au long du livre, on peut noter l'interrogation sur le Transfert, et la puissance du "Réel" – cet impossible à dire – dont le poème qui surgit au détour d'un chapitre tente de tracer les contours.
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