"Pas d’effet de réel, mais effet réel": Rencontre avec Joseph Danan et Denis Podalydès
l’abÉl
l'atelier du bureau de l'Élp
(Brigitte Compain, Jocelyne Lagand, Éliane Sokol, José Attal, Julio Barrera Oro, )
propose
Une Rencontre avec Joseph Danan et Denis Podalydès
Mercredi 13 novembre de 21h à 23h précises
Maison de l’Amérique Latine
217 Bd Saint-Germain 75007 Paris
Accueil à partir de 20h45. Entrée libre.
"Pas d’effet de réel, mais effet réel"
Le titre ci-dessus est une citation de Joseph Danan* dont les échos ne sont pas sans évoquer sur certains points le psychanalyste en son acte.
Il va s’agir de performance et de théâtre. Le mot de performance est utilisé par Lacan à propos de son invention appelée « la passe », et de la nomination AE (Analyste de l’École).
Dans son dernier ouvrage** - qui nous convoque - c’est sous le signe de la performance que nous est
présentée une cartographie de la scène théâtrale contemporaine, prétexte à mettre en jeu des questions qui sont celles aussi du psychanalyste, comme entre autres celle de la présentation et non plus de la représentation (mimesis), celle du non savoir a priori (“suspension provisoire du savoir “), celle du réel concerné et de l’événement produit dans ce que Christian Biet cité par Danan appelle « la séance ».
La chose n’a pas échappé à Denis Podalydès*** qui, dans son compte-rendu récemment paru dans le Mond des Livres, témoigne qu'avec la disparition pure et simple du texte dans l'Inferno de Roméo Castelluci, il fut ému du fait que " le mot pouvait s'absenter, laisser une place vide, sans que rien ne manquât pourtant". Se posent donc, désormais à l'oeuvre, les questions décisives de l'effacement du texte comme origine de l'événement théâtral, et de la sortie de la fable psychologique avec personnages et situations. Cette abolition de toute relation causale, essentielle dans la psychanalyse lacanienne, Joseph Danan la reprend via le théâtre, le signe et la performance, en s'appuyant sur nombre d’auteurs et d’artistes qui sont aussi nos compagnons, d'Artaud et Cage à Deleuze. L’effet de réel est une illusion par excellence, l’effet réel lui “ vient trouer la trame plus ou moins illusoire de la mise en scène pour s’imposer comme un moment de pur présent…“ où chaque spectateur est personnellement concerné.
Décidément oui, de l’art les psychanalystes ont à en prendre de la graine.
Accueil à partir de 20h45. Entrée libre.
* écrivain, dramaturge, enseignant.
** Joseph Danan, Entre Théâtre et performance: la question du texte, ACTES SUD PAPIERS, mars 2013.
*** Denis Podalydès, de la Comédie Française, Le Théâtre de la performance in Le Monde des Livres du 14/06/2013