Soumis par Anonyme (non vérifié) le

Ce livre fait exception.

D’abord parce que le psychanalyste qui l’a écrit s’adresse à un bien plus large cercle que celui de ses pairs, ensuite parce qu’il est aussi un écrivain et un grand lecteur des poètes, ce qui se vérifie bien au-delà des citations.

La psychanalyse est de plus en plus vilipendée par toute une cohorte d’évaluateurs, d’administrateurs et autres ministres, de prétendus neuro-scientifiques, épris de chimie, de chiffres, de vitesse et de chiromancie ; Philippe De Georges leur répond de la plus belle des manières en faisant pénétrer son lecteur non pas dans les misérables et croustillants secrets du divan mais en présentant des personnes en train de s’analyser, d’autant plus vraies et comprises de nous que le travail de la fiction est annoncé d’emblée, dès les trois titres : La mendiante et le grain de blé, La fiancée du Pharaon et La Joconde et Lilith ; Philippe De Georges ne nous raconte pourtant pas d’histoires, comme Lacan il dit la vérité, celle qu’on ne peut dire toute et qui ne connaît pas d’arrêt.

De Breton à Prigent, beaucoup de poètes ont lu les psychanalystes, voici maintenant des écrits de psychanalystes qui lisent Breton et Prigent, les poètes et les autres feraient bien de les lire aussi.