Source inépuisable d’inspiration pour la littérature, objet d’investigation pour les médias, de recherche pour les sciences humaines, les drames de l’amour continuent à passionner. Les amours contrariées sont souvent tenues pour une cause de suicide, et il est fréquent d’entendre celui qui a attenté à ses jours en imputer la raison à la perte ou à la trahison d’un être cher. Or nous savons, du moins depuis Freud, que le suicide a ses raisons que la raison ne connaît pas. Le cas de « la jeune homosexuelle » de Freud en est l’illustration devenue classique. La jeune fille impute sa tentative de suicide à l’abandon de la femme dont elle est amoureuse, la « dame », mais selon Freud, c’est plutôt dans la relation à son père qu’on trouve le ressort de son passage à l’acte. « Ce n’était donc pas elle ! », pourrait-on dire de l’amie, comme dans un vaudeville. Freud ne s’en tient pas là, puisqu’il relève aussi la méprise présente au coeur de tout suicide : c’est un(e) autre qui est visé(e). Dans cette perte de l’objet aimé, donnée comme raison centrale du suicide, ne s’agit-il pas d’autre chose que de la mort ou de l’abandon ?
Finalement, cet objet perdu était-il aimé ou haï ? De quelle sorte d’objet s’agit-il ? Beaucoup d’évidences et de préjugés sont à réviser lorsqu’on étudie aujourd’hui la question du suicide. C’est à cette tâche que nous nous consacrerons dans le cadre de cet atelier, en partant des données de la théorie psychanalytique, de cas cliniques exposés par les participants qui le souhaiteront, mais aussi d’oeuvres littéraires qui restent une source de travail précieuse.
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