Jacques Lacan s’est particulièrement intéressé à la langue anglaise, au point de parler de la lalanglaise.

Son rapport à l’anglais fut toutefois ambivalent : féru d’auteurs anglophones (artistes, psychanalystes
et philosophes), il soutenait cependant que cette langue fait résistance à l’inconscient. Est-ce à dire
qu’il y a un esprit, un génie de la langue, plus ou moins réfractaire à l’inconscient ? La question invite
à revisiter le rapport problématique entre langage et inconscient, véritable ligne de partage entre
psychanalystes depuis le colloque de Bonneval (1960). Peut-on étendre cette interrogation jusqu’à
distinguer un rapport spécifique à l’inconscient pour chaque langue ? Si oui, y a-t-il des incidences sur
la technique et sur la psychanalyse en extension ?

Le travail de traduction en psychanalyse permet de reconnaître et d’expliciter les difficultés, voire les
impossibilités, dans le passage d’une langue à l’autre. Mais dans l’écart où cette perte se produit, dans
l’entre-deux langues, peuvent également germer des effets de signification inédits et féconds. L’usage
que Lacan fit de certains termes anglais en témoigne.

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