Au dernier chapitre de Portraits de femmes en analyste, Lacan et le contre-transfert, Gloria Leff faisait ce constat : « La notion de contretransfert porte un vice d’origine, et ses défenseurs n’ont fait quel’aggraver. » Quel vice d’origine ?

Celui qui coïncide avec les difficultés, les tourments de Freud pendant la cure d’une patiente maintenant identifiée, Elfriede Hirschfeld, difficultés qu’il élude en les nommant « contre-transfert ». Contre-transfert, notons-le, qui ne fut évoqué par Freud que de 1909 à 1915 – durée de l’analyse de sa « grande-patiente », son « fléau principal » – et ne sera plus, jamais, ensuite employé par lui : sérieux de la particularité du cas. Le contre-transfert, cet embarras de Freud, Gloria Leff l’a mis en évidence dans son article « L’aporia de Freud » en l’articulant à « l’amour Lacan ».

Pour autant, Freud qui dit « l’avoir échappé belle », qui a fait de l’amour de transfert une résistance et qui a rendu à sa patiente, de sa pièce « Amour », une monnaie de « savoirs » maîtrisés (savoir du secret de sa maladie et savoir scientifique : témoin, la quelque dizaine d’articles et lettres où cette cure est en jeu), en trouve l’envers dans le « transfert de pensées ». Et c’est encore une fois à l’occasion d’Elfriede Hirschfeld, notamment, que Freud met les faits dits télépathiques et leur analyse en débat.

De cette attraction du « flot de boue » de l’occultisme – c’est à dire de ce qui fait selon Lacan l’essence du langage, à savoir la dominance de la réalité sexuelle sur lui –, de cela, comment l’exercice analytique en accueille-t-il les émanations ?

Gloria Leff exposera ces points en question à partir du « cas » Elfriede Hirschfeld. Marie-Claude Thomas et George-Henri Melenotte ouvriront la discussion.