Pour la 4ème Journée d’étude d’Annecy, la rencontre pourrait avoir lieu dans cet espace plus ou moins indéterminé où théorie et fiction se fécondent mutuellement, se développent de concert, se confondent, et se confrontent : ainsi parle-t-on aussi bien de théorie de l’origine que de roman de l’origine.
L’œuvre de Freud se soutient de fictions inaugurales à même de nourrir les premières années de la psychanalyse : l’emprunt à la littérature y côtoie, par exemple, la fiction fondatrice du roman familial du névrosé. Au-delà de ce qui s’en trouve ainsi « institué », le lien du psychanalyste avec l’écriture de la théorie, jour après jour, est un lien de pensée vivante et créative, renouvelé par l’expérience du transfert. De telle sorte que se reconstruit sans cesse une métapsychologie en évolution, un work in progress subjectif qui ne s’institue pas. Chacun aura sans doute vécu ce que parfois le fragment seul d’une œuvre littéraire lui a permis de théoriser d’un transfert éprouvant ; chacun aura constaté en retour l’incapacité fondamentale de la théorie à encadrer tout à fait la fulgurance des paroles et des affects qui la débordent sans cesse : c’est que l’Inconscient, en vérité, ne trouve à se faire entendre qu’en suivant les chemins de traverse de la fiction, celle du transfert tout spécialement.
Les communications de cette journée témoignent de rencontres singulières et invitent à une réflexion associative : donner à penser cet accouplement théorie-fiction/fiction-théorie, tel serait l’enjeu de la théorie psychanalytique, de cette étonnante théorie sexuelle de l’analyste. Car la théorie originelle est la théorie première que se forge la psyché à propos, justement, de l’origine sexuelle du monde, de l’origine sexuelle des bébés et de son origine propre. Une théorie sexuelle d’emblée altérée par l’altérité de l’objet même qu’elle tente de cerner, s’il est juste qu’il lui faut de l’autre pour être, comme la pensée, et comme l’écriture à laquelle elle donne éventuellement lieu.
En contrepoint, l’écrivain : il est invité à faire entendre ce que l’écriture de la fiction, du roman, représente pour lui, ce que signifie le rapport entre théorie et fiction dans le champ qui est le sien et comment résonne en lui la question de l’origine.
Soumis par
Quatrième groupe
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