Que fait un psychanalyste, sinon tenter de déchiffrer les souvenirs
que nous portons en nous comme autant de présages de ce que
nous deviendrons ? L'auteur, l'un des plus grands psychanalystes
sud-américains, interprète pour nous, dans ce magnifique livre, les
premiers souvenirs d'enfance relatés par des écrivains pour tenter
de démêler ce qui appartient à la vérité et au mensonge nécessaire.
La mémoire, en chacun de nous, tente ainsi de mettre à distance le
sentiment de cette inquiétante étrangère de notre passé, en récri-
vant sans fin notre propre histoire.
Il n'est pas indifférent que ce soit un écrivain, Julio Cortàzar, qui,
racontant son plus ancien souvenir, celui de la terreur que lui inspire
le chant d'un coq, ait mis Nestor A. Braunstein sur la voie de cette
hypothèse, qu'il va donc par la suite s'employer à vérifier à propos
des premiers souvenirs de différents auteurs : Borges et Garcia
Marquez, qui parlent sa langue, mais aussi Virginia Woolf ou
Vladimir Nabokov, Elias Canetti ou Hermann Broch, enfin Perec
ou Leiris, sans parler de l'omniprésence de Freud et Proust.
Ce sont ces sentiers peu fréquentés à travers la littérature que Nestor
A. Braunstein nous invite à arpenter.
Nestor A. Braunstein est un auteur et psychanalyste argentin vivant au
Mexique. Il enseigne la psychanalyse dans plusieurs départements d'études
d'universités américaines et européennes. Il est l'un des pionniers de la lecture
de Lacan en Amérique latine. Son livre sur la jouissance est considéré comme
une référence essentielle, et plusieurs de ses livres ont été traduits dans de
nombreuses langues.