Tout enfant grandit au milieu des secrets, simplement parce qu'il est confronté à des mots, des
mimiques et des attitudes d'adultes dont il ne
comprend pas le sens. Bientôt, il questionne. Par-
fois on lui répond, ou on lui sourit en lui disant
qu'il le saura quand il sera plus grand. D'autres
fois, ses questions suscitent chez ses parents
des réactions de colère, de tristesse ou de gêne
incompréhensibles. Ces réactions, qui sont les
« suintements » d'un secret de famille, incitent
l'enfant à penser qu'on lui cache quelque chose
de grave, et l'invitent à le deviner tout en lui
interdisant tacitement d'y parvenir. De cette
injonction contradictoire naissent des troubles
dans sa construction psychique : le traumatisme
vécu et tu par la première génération < ricoche »
sur la deuxième, voire sur la troisième.
Pour en guérir, il faut commencer par accepter
que ces secrets s'opposent moins à l'idée d'une
Vérité qu'il faudrait découvrir qu'à la communication entre les membres de la famille. Et la première chose à dire à un enfant pour commencer
à l'en libérer est : « Tu n'y es pour rien ».