Comment les catholiques ont reçu la psychanalyse
Agnès Desmazières, historienne du christianisme
contemporain, est chercheuse à la Fondazione per
le scienze religiose de Bologne, après avoir effectué sa
thèse de doctorat à l'Institut universitaire européen de
Florence.

En fondant la psychanalyse, Freud a provoqué les catho-
liques dans leurs convictions rel igieuses et morales. Après
lui, l'Église peut-elle nier toute jouissance dans l'acte
sexuel ? Parler de péché est-il source de culpabilité ?
Faut-il faire le deuil de l'illusion religieuse ?

S'appuyant en particulier sur les archives secrètes du
Vatican, Agnès Desmazières raconte comment des
catholiques, médecins et théologiens, ont fait pression
sur le Saint-Siège afin d'obtenir une reconnaissance de
la psychanalyse. Elle éclaire tous les enjeux intellectuels
de cette histoire où l'on croise Jung, Dolto, Lacan,
Marc Oraison, mais aussi le très influent président de
l'Académie pontificale des sciences, Agostino Gemelli.
Une histoire qui se déroule en Europe comme aux
États-Unis, parsemée de compromis, d'obstacles,
d'échecs, de mises à l'index, mais aussi de succès, à
l'image de la rencontre avec Pie XII en 1953, qui signifie
l'ouverture officielle des catholiques à la psychanalyse.
Une histoire tout au long de laquelle plane l'ombre du
Saint-Office, qui mène la lutte contre la libéralisation
des mœurs.

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le thème de cet ouvrage est effectivement très intéressant. Dans les années 70 en France en particulier, la question des rapports du catholicisme avec la psychanalyse a fait débat. Des noms comme ceux de Marc Oraison ont marqué les échanges qui ont eu lieu à l'époque.

Par ailleurs les rapports complexes entretenus par Lacan avec l'église catholique dont il souhaitait le soutien,ses tentatives avortées de rencontre avec le Pape, son frère moine, la présence au sein de l'École Freudienne de Paris d'un certain nombre de psychanalyste ayant un passé voir un présent de clerc (L.Bernaert, D.Vasse,Ph Julien etc) et ayant obtenus, de plus le titre d'Analyste de l'École pour les deux premiers, l'affirmation de Françoise Dolto de son appartenance au catholicisme avec notamment la parution de son ouvrage intitulé "l'évangile au risque de la psychanalyse" : tous ces éléments, confrontés à l'affirmation répétées de Freud quant à l'athéisme fondamental du psychanalyste face à toutes les religions, et ce même si son propre rapport au judaïsme fut loin d'être clair, tout cela donc a alimenté un débat au sein du mouvement psychanalytique et aussi parmi les catholiques, nombreux en analyse à l'époque.

On sera malheureusement assez déçu par l'écriture de cet ouvrage qui est tiré d'une thèse et présente tous les défauts d'un travail universitaire, transposé sans véritable soucis de réécriture, dans le contexte si différent que constitue la publication d'un livre.

L. Le Vaguerèse