L'inconscient à fleur de peau
« Ce qu'il y a de plus profond dans l'homme, c'est la peau » écrit Paul Valéry. Ouverture sur le monde extérieur, la peau est aussi la frontière avec une sensibilité intérieure qui ne peut dire sa souffrance et ne se manifester que par des signes cutanés. Sa surface constitue un organe visible qui rougit, pâlit, transpire, devient chaud ou glacé. C'est aussi une enveloppe qui cache le dedans pour mieux le dévoiler. Organe du toucher, elle est indispensable à la vie et nous protège. La peau, miroir de notre âme et de nos sentiments, est une enveloppe protectrice et maternelle qui révèle ce qu'il y a de plus archaïque en l'homme. Surface sensible, elle est tout à la fois contenant et zone d'échanges.
Le dermatologue s'occupe de lésions cutanées et le psychanalyste écoute l'histoire du sujet en oubliant l'enveloppe corporelle pourtant bien visible. Le rôle du médecin psychosomaticien en dermatologie est de s'intéresser à la maladie pour en décrire les symptômes, s'efforcer d'en comprendre les mécanismes et les causes immédiates pour la faire disparaître. Son rôle est aussi d'écouter le discours du patient pour situer la maladie dans une histoire et un environnement, mieux comprendre les raisons de son apparition et son sens caché.