L’« Auto-thérapie » est un phénomène du monde moderne, auquel la théorie psychanalytique de l’entendement collectif confronte, et qui en outre est apte à l’illustrer. Détaché de la « foule », encadré dans un système fermé, engagé dans une pratique plutôt « auto et solo : soi même et seul » ou quasi-individuel, l’homme triste de la modernité est-il un « malade qui multiplie les remèdes » ?

L’« Auto-thérapie » revoie à l’univers des psychothérapies non conventionnelles, pseudo-scientifiques, para-psychologiques… provenant de différents horizons. Se situe-t-elle entre la souveraineté des organisations religieuses qui s’occupent du corps de la sublimation et celle de la médecine qui traite le corps biologique ? Freud trace déjà au début du 20ème siècle, l’énigme de la pulsion qui force un certain homme moderne de mener une quête d’« auto solution » ascétique. L’homme « autoïque » du New Age insinue-t-il qu’il est malade d’une « maladie du moi » et d’un malaise de l’individualisme, plutôt que d’un malaise dans la civilisation ? Il s’agit ici de questionner les techniques qu’il utilise pour éliminer le moi ou pour transformer « quelque chose de son moi qu’il ne veut pas assumer. Au travers de cette interrogation, il est juste de saisir l’articulation entre un piétisme saisonnier ou un protestantisme plus protestant que le protestantisme chrétien et un Gethsémani de la modernité.