Traiter de la question des transferts en institution amène d’abord à évoquer les modèles existants, tous issus de la rencontre de la psychanalyse et de la psychothérapie institutionnelle, nous en retiendrons trois : le modèle du « 13ème» arrondissement à Paris du côté de la Société Psychanalytique de Paris avec P.-C. Racamier et R. Diatkine, le modèle de la psychothérapie institutionnelle du côté des lacaniens, avec J. Oury et F. Guattari à la Clinique de La Borde et enfin celui de la psychanalyse de groupe avec D. Anzieu et R. Kaës.
Entre ces modèles, une première tension existe: le transfert va être pris en compte soit globalement du côté de l’institution ou au contraire du côté de dispositifs spécifiques qui existent en son sein.
Une autre tension existe entre la prise en compte d’une dimension groupale qui permet d’étendre le modèle pensé pour la psychanalyse individuelle à un « appareil psychique groupal » et la prise en compte d’une dimension politique qui s’ancre d’emblée dans une pluralité irréductible.
Il faut souligner aussi comment S. Freud passe du singulier au collectif sans solution de continuité grâce à son familialisme, ce qui l’amène à rabattre les enjeux de société à des enjeux de type familial.
Et enfin, même si Lacan investit plus directement la référence politique, il le fait plutôt du côté de l’Un et du discours du maître comme envers du discours du psychanalyste.
Nous discuterons donc de l’intérêt d’aborder la question des transferts en institution et entre les institutions à partir d’un modèle politique ancré d’emblée dans la pluralité. Quelques exemples cliniques nous permettront d’en débattre.
Enfin, peut-on penser la théorisation du collectif dans la psychanalyse en écho à la Babel actuelle des sociétés analytiques, au sein desquelles les psychanalystes se rassemblent et se déchirent ?
Soumis par
Synopsy, Libre Association
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