La pratique de la psychanalyse avec les enfants s’avère être pour le clinicien un exercice surprenant, suscitant des initiatives singulières de part et d’autre, bien loin de l’image d’Epinal du psychanalyste confortablement installé dans son fauteuil.
D’abord parce que la demande et le transfert des parents et de l’enfant qui pré-existent à cette démarche articulent différemment l’attente des parents, chargés de leur histoire et celle de l’enfant concerné, provoquant souvent tiraillements, oppositions, négociations, l’enfant ayant rarement une demande.
Ensuite parce que les manifestations symptomatiques de l’enfant, qui surprennent son entourage, passent par un mode d’expression qui n’est pas celui du discours courant du monde adulte dans lequel il tente de ménager sa place : insistance du corporel, du pulsionnel, du sexuel.
Enfin parce que l’enfant ou l’adolescent, comme sujet en devenir, cherche à saisir les coordonnées de sa place dans les générations, dans la filiation, et tâtonne dans les ébauches de son identité. Il quête dans son entourage une forme de disponibilité bienveillante comme appui pour faire le brouillon de sa parole, de son identité sexuée et de l’élan de ce qui l’anime. C’est la structuration de son identité et de son désir qui se trouve mise en jeu par le jeune patient, pris dans des discours parentaux parfois contradictoires et les propos des adultes parfois inconséquents.
Le psychanalyste est mis à l’épreuve dans le cadre qu’il propose, sollicité dans la mobilité de son corps, éprouvé par les manifestations inattendues de l’enfant dans sa motricité, le pulsionnel, les irruptions agies de l’inconscient. La rencontre entre les tâtonnements de l’enfant structurant son identité et la disponibilité du psychanalyste passe par des surprises, des nouveautés, des situations à décrypter des deux côtés.
Un tel parcours nécessite du psychanalyste à la fois une vigilance, une disponibilité et une inventivité particulières à l’égard de ce qui lui sert de repères pour offrir un répondant aux initiatives de l’enfant.
Ces journées de travail sur L’inventivité, pas sans rigueur, en psychanalyse d’enfants, poursuivent le thème travaillé ces dernières années à l’Ecole de Psychanalyse de l’Enfant et de l’adolescent de Paris (EPEP) : particularités de l’inventivité dans les consultations, les cures psychanalytiques ou les soins institutionnels ; exigences de rigueur nécessaires pour le praticien ; enseignements qui découlent de chaque rencontre

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