Si la rigueur méthodologique signe la scientificité d'une discipline, la modernité l'inscrit dans

l'air du temps. Depuis l’expérience médicale de Freud, la psychanalyse a construit une

doctrine subversive quant aux mœurs de son époque. Si sa théorie était moderne, sa

scientificité fut maintes fois questionnée : le critère de l’absence de réfutabilité1 ainsi que son

objet, le désir inconscient, lui a valu d’être assignée aux sciences humaines plutôt qu’aux

sciences naturelles.



J. Lacan fut le dernier psychanalyste du XXème siècle à actualiser la méthode et la technique

de la psychanalyse tout en assumant le retour à Freud. Aujourd’hui, qu'en est-il ? L'essor des

techniques comportementales qui portent les phénomènes de la conscience au seul rang

d’objet d’étude rappelle combien la psychanalyse est antinomique avec le champ de la

psychologie quantitative. Cette donnée contemporaine oblige désormais les psychanalystes à

se positionner méthodologiquement : solidifier un régime de la preuve scientifique en

mesurant les effets de la psychanalyse sur la souffrance psychique et son impact sociétal.



Comment actualiser la psychanalyse eu égard à ces nouvelles évolutions des méthodes

scientifiques, sans rompre pour autant avec sa tradition moderne ? Quels seraient les enjeux

de la modernité et de la scientificité de la psychanalyse pour la clinique et l'écoute de la

souffrance humaine ?



Ce XLVeme colloque du RPH sera l’occasion de questionner la scientificité de la

psychanalyse et sa modernité afin de proposer, à la lumière des interventions des différents

membres cliniciens de l'École du RPH, une psychanalyse actualisée.

1 Popper, K. R. (1934). La logique de la découverte scientifique, Genève, Payot, 1973.