La pensée freudienne oscille toujours entre l'Universel - les fantasmes originaires, les processus primaires - et le Singulier - le discours et l'histoire du patient. La psychanalyse des textes littéraires
n'échappe évidemment pas à cette dichotomie, ce qui la voue à
retrouver dans chaque œuvre les « complexes » qu'il serait improbable de ne pas rencontrer, mais aussi la singularité de Fauteur
dans ce qui l'habite intimement.
La méthode en découle: elle est associative. En superposant les
textes, comme ici L'Écume des jours et Vercoquin et le plancton
avec j'irai cracher sur vos tombes les Cent sonnets ou les Lettres
au Collège de Pataphysique, des nœuds de sens s'imposent d'eux-
mêmes, aussi surprenants qu'hypoïde, spirochète ou nénuphar. A
ce jeu associatif, et contre toute attente, se dévoilent les sources biographiques et obsédantes de Récriture vianesque : nous assistons
véritablement à la naissance de l'écrivain ! Et en prime, cette œuvre
qui semble si disparate à première vue finit par montrer une profonde cohésion.