Si un mythe continue à engendrer sans cesse des pièces de théâtre, c´est la force proliférante du mythe qui agit doublement sur ceux qui veulent réécrire ce récit à leur manière. Le dynamisme du mythe les incite, à la fois, à être fidèles au modèle et à exiger la liberté de le modifier suivant leur centre d´intérêt particulier.
C´est en même temps un phénomène d´intertextualité, que l´on peut appeler « écriture palimpseste », dans laquelle tous ceux qui veulent faire une oeuvre, à partir d´un mythe quelconque, sont obligés de suivre toujours la même ornière : se nourrir des qualités ou des défauts de leurs prédécesseurs.
À partir de la présence littéraire du mythe d´OEdipe dans le théâtre français, l´auteur s´efforce ici de décrire diachroniquement l´évolution de ce mythe, autant du point de vue esthétique qu´idéologique, afin de mettre en relief les variations du mythe ainsi que la constance de ses composantes essentielles.
Le mythe d´OEdipe pose avant tout un problème ontologique, à savoir que l´on pourrait considérer OEdipe comme le représentant d´une culpabilité collective. Il affronte résolument son destin abominable tout en s´attachant à la vie. Ce qui nous paraît le plus important, c´est ce processus par lequel il se découvre et son humilité vis-à-vis de la réalité contradictoire, paradoxale de son existence.
Remarquons également qu´à travers ces différentes analyses, allant de Robert Garnier à Jean Anouilh, le personnage de la mère, Jocaste, s´affirme, nous obligeant à penser au mythe de Jocaste.