10 janvier 2011
Jean François Coudurier est décédé ce dimanche 9 janvier.
C’est une sombre nouvelle en ce début d’année.
Psychanalyste à Aix-en-Provence, après avoir exercé à Avignon, il a eu tout au long de son exercice une double pratique : en cabinet et institutionnelle ; l’une et l’autre lui permettant de rester en éveil tant du côté du tranchant de la psychanalyse que des enjeux politiques d’une clinique du Sujet.
Très tôt il a travaillé avec Michel Fennetaux. C’est lors d’un séminaire où il l’avait invité à Aix en Provence que j’ai à nouveau côtoyé Jean François. Il est difficile de dire l’amitié et le chagrin. Mais je veux témoigner de son parcours, ou du moins de ce que j‘en ai retenu, car ses préoccupations étaient nombreuses et son dynamisme légendaire.
Outre son travail patient avec Eric Porge, il a été membre du GRP de Marseille et de l’Aire méditerranéenne, il a été également président du Point de Capiton de 2005 à 2007 avant que la maladie ne l’oblige à réduire son activité et à choisir ce qui lui devenait essentiel.
Entre autres activités dans le cadre du Point de Capiton, nous lui devons de s’être préoccupé de faire connaître les réflexions du collectif « pas de zéro de conduite ». Puis il avait initié un colloque intitulé « Transformations de la parenté, ou nouvelles Formes ? » et avait apporté ses contributions dans le lien entre psychanalyse, littérature et Art, lien spécifique du travail du Point de Capiton depuis sa création, sur lequel nous nous retrouvions.
Parallèlement à son travail théorique sur la cure analytique et à sa participation au mouvement de réflexion sur la montée en puissance du DSM et des théories comportementalistes, il a œuvré en Algérie depuis une dizaine d’années, avec d’autres psychanalystes de la région PACA. Son ambition était de répondre, dans un cadre associatif en lien avec des services de psychiatrie, à des demandes de psychologues et psychiatres algériens de la Wilaya d’Alger pour qui les traumatismes de guerre et ceux liés aux catastrophes climatiques se sont additionnés. C’est dans ce cadre que je l’ai beaucoup côtoyé ces dernières années et que j’ai mesuré sa ténacité.
Il cherchait clairement à définir une action rigoureuse : il ne s’agissait pas pour lui d’introduire la psychanalyse en Algérie, ni de l’enseigner de manière universitaire, mais souhaitait réussir « à sensibiliser le plus grand nombre à une approche de la maladie mentale qui ne soit pas inspirée par le DSM et les laboratoires » ; autrement dit, à s’appuyer sur une clinique du Sujet qu’il s’agissait pour lui de défendre autant en Algérie qu’en France.
En outre, il était un ardent défenseur d’une psychanalyse laïque, qui ne soit inféodée ni au savoir universitaire, ni aux projets de ceux qui réfutent l'inconscient.
Il va nous manquer.
Le Point de Capiton et l’ECRPF organiseront un hommage à Jean François Coudurier, hommage dont vous pourrez être informés en nous contactant.
Simone Molina
Psychanalyste , Présidente du Point de Capiton
Directrice pédagogique de l’ECRPF
Localisation: Montpellier
Commentaires (2)
Commentaire
C'est avec une grande tristesse et stupeur que j'ai appris la mort de JF Coudurier.Je suis allée pendant plusieurs années m'allonger sur son divan.Son nom me paraissait de bonne augure:Il serait là pour les coups durs!
Ses mots justes, son tact,m'ont beaucoup aidée.Je suis venue plusieurs fois au point du capiton. J'aimerais participer à l'hommage que vous allez lui rendre. Mari-Odile lautier
Commentaire
Merci Madame pour cet hommage.
Je découvre si tardivement l'annonce du décès de Jean François, que j'ai très bien connu dès 1969 à Montpellier alors qu'il était étudiant en médecine.Mon chagrin est immense.
J'avais tenté de le voir à l'Hôpital lorsqu'il était en traitement ambulatoire à Marseille mais ai trouvé son lit vide..il venait de partir.
Malgré que je ne sois pas domiciliée en France,j'aimerai tellement aller me recueillir sur sa tombe si vous pouviez m'indiquer ou elle se trouve.
D'avance MERCI.D.A