Dates

Samedi, octobre 4, 2025 - 09:00 - 16:45

Adresse

USIC 18 rue de Varenne
75007 PARIS
France

Adresse du site Web

Organisateur(s) du congrès

Revue Adolescence, Comité directeur

email

contact

Chantal Cousin 

(Secrétariat de la revue Adolescence)

41 rue de Patay 75013 Paris

Renseignements : 06 08 00 39 17

greuppado@club-internet.fr

www.revueadolescence.fr

Déroulement

9 h – Accueil des participant.e.s

9 h 30 – Ouverture du colloque par le comité directeur de la Revue Adolescence

9 h 45 - 10 h 30 :

Bernard Golse

Phobie ou refus scolaire ? Le poids des mots, le choc des modèles

10 h 30 - 11 h 15 :

Kalyane Fejtö

Fonctions de la phobie scolaire dans le devenir adulte

Pause café : 11 h 15 - 11 h 45

11 h 45 - 12 h 30 :

Emmanuelle Boë

Comment rencontrer l’adolescent retiré au domicile ?

Discutante de la matinée :

Isée Bernateau

Repas libre

14 h 00 - 14 h 45 :

Jean-Yves Chagnon

Décrochage scolaire et délinquance

14 h 45 - 15 h 30 :

Manuella de Luca

Une phobie pas si scolaire

16 h - 16 h 45 :

Nicolas Rabain

Pourquoi réunir des adolescents déscolarisés ?

Discutante de l’après-midi :

Estelle Louët

16 h 45-17 h :

Conclusions de la journée

Isée Bernateau, Estelle Louët

Argumentaire

Dans la mythologie grecque, Deimos et Phobos sont deux divinités jumelles, fils d’Arès et d’Aphrodite. Si le premier personnifie la terreur, l’effroi et la crainte qui précèdent le combat, le second symbolise la peur panique immédiate sur le champ de bataille. Deux divinités, deux types de peur. L’usage moderne de phobie dans un contexte psychanalytique en a inversé le sens mythologique, faisant de la phobie une peur anticipée et irrationnelle. Un renversement de sens à l’image de ces deux peurs qu’il n’est pas aisé de distinguer.

Si la peur est le signal d’angoisse protecteur face à un danger réel, la phobie est la peur irrationnelle et irraisonnée, paralysante, déclenchée par une situation donnée et entraînant une réaction d’évitement. La phobie est aussi et surtout l’un des symptômes psychopathologiques les plus répandus ; elle a ceci de particulier qu’elle en décline les formes en de multiples préfixes qui désignent l’objet de ses fixations : agoraphobie, arachnophobie, claustrophobie, nosophobie, etc. Certaines se rencontrent plus fréquemment à l’adolescence, comme l’éreutophobie – la peur de rougir – ou la dysmorphophobie, celle qui déforme l’image du corps et devient objet de fixation. La phobie scolaire, quant à elle, désigne l’école comme lieu et source de l’angoisse. Maux de ventre, de tête, vomissements, l’angoisse prend au corps l’adolescent avant de se rendre à l’école, parfois incapable d’en franchir le seuil qui, lorsqu’il y parvient, passe le plus clair de son temps à l’infirmerie.

La phobie scolaire, névrose phobique ou symptôme transnosographique ? Comme névrose, elle est le substitut d’une satisfaction pulsionnelle qui n’a pas eu lieu. Son complexe nucléaire est l’Œdipe, et son angoisse, la castration. Comme symptôme transnosographique, elle interroge le sens de la solution phobique dans différentes organisations psychopathologiques, quand les éléments œdipiens ne structurent pas suffisamment le fonctionnement psychique.

La phobie scolaire, symptôme ou organisation ? Recouvre-t-elle l’ensemble des conduites de refus d’aller à l’école ou des apprentissages, ou encore d’inhibition de la pensée ? Peut-on les distinguer des situations de harcèlement qui conduisent l’adolescent à fuir l’école, ou encore d’états de dépression qui emportent avec elle tous les investissements ? Quels liens avec ce qu’É. Kestemberg désigne comme la phobie du fonctionnement mental, ou que J.-L Donnet appelle psychophobie ? Assurément la pression à la réussite, l’exigence de choisir de plus en plus tôt son parcours scolaire sont des terreaux fertiles à la phobie scolaire, mais y aurait-il d’autres mécanismes inconscients qui sous-tendent le choix du symptôme ? Autant de questions que nos conférenciers mettront au travail dans leur réflexion théorique et clinique.

Comité scientifique :

Isée Bernateau, Manuella De Luca, Estelle Louët, Nicolas Rabain