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Poème(s)
Numéro 56 - Revue semestrielle Avec la participation de Karin ADLER, Nâdiâ ANJUMAN, Pierre BRUNO, Pierre-Christophe CATHELINEAU Voir plus [+]
Point de départ, deux assertions de Lacan : je suis poème – je ne suis pas poâtassez. La première serait-elle une conséquence de la seconde ? On ne peut en douter, à moins d’être inattentif à la connotation péjorative de « potasser ». Aussi bien, de Mallarmé à Paul Celan, de Lautréamont à Artaud, la présomption d’être Monsieur le poète (ou Madame) n’a pas manqué d’être moquée, ironiquement. Ils étaient en cela d’accord avec l’apophtegme de Pessoa : désirer l’impossible – ne pas le vouloir… sous peine de transformer l’impossible en une valeur d’échange. Poème alors, qu’est-ce ? Une poiesis, une création qui consiste en un élan vers l’extérieur – traduisons : une a-subjectivation radicale. Elle implique que le mariage entre désirer et vouloir soit défait. Cet élan passe par des lettres, non par des mots, ou sinon des mots chantés ou dits, parce que, sans la voix, la parole, de par son infinitude, n’existe pas.
Lettres donc : traits, calculs, caractères, alphabets, dont il s’agit d’extorquer par surprise un savoir qui subvertit le cours paisible du « je suis ». Tous les moyens sont bons : métaphore, tautologie, allitération, anaphore, hypallage… pour démonter le sens déposé sgdg. Le problème, comme l’a montré Jakobson, est que les tropes s’usent. Le règne de la métaphore, dans ce début du siècle, a pris un coup de vieux. Changer d’habit est un impératif – une exigence des saisons –, car un poème, tenu à l’impossible, est une parole libre, affranchie de toute association. Telle une muse inattendue qui frappe à la porte,
dé-concerte l’ouvreur, et le déplace, hors.
Cet « hors » ne signifie pas hors-sens, mais un « effet de sens réel » qui, dans l’orchestre humain, invente un soliste. Pierre Bruno (1939-2025)
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