Les addictions se jouent des limites habituelles des disciplines scientifiques. Ce livre propose de les considérer comme
des constructions narratives. Mais quels en sont les auteurs et
les narrateurs ? Les lecteurs, les auditeurs et les spectateurs ?
S'agit-il des patients ou des professionnels ?
À partir d'une recherche menée avec des patients toxicomanes, ce livre souligne leur besoin d'être secourus par la littérature, c'est-à-dire par la fiction, l'Histoire, mais aussi par la
littérature spécialisée, pour construire leurs identités et organiser
leurs expériences temporelles. Cette appropriation, nécessaire pour
se connaître soi-même, doit rester critique. L'équilibre est fragile
entre des dispositifs de soins illisibles, empêchant toute configuration de la souffrance, et d'autres trop lisibles, fabriquant des
patients uniformes et indifférenciés. Pour éviter l'émergence d'une
addictologie désubjectivante, ce livre invite les étudiants et les professionnels à prendre en compte le cercle de la mimèsis entre les
histoires des patients et les modèles théoriques et cliniques.