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Le sujet derrière la muraille
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Pour rendre compte d'elle-même, la civilisation chinoise a fait
usage d'une langue écrite fortement codifiée et située très a
l'écart de la langue naturelle. Le sujet, pris dans un tel lan-
gage, ne se dit pas, mais se trouve restitué selon un processus qui le
le transforme en fonction de l'idéal dont ce code est porteur. A côté
de cette langue, « classique », une deuxième langue, « vulgaire », a
fini par prendre naissance, qui a visé, elle, à reproduire le langage
parlé.
La tension entre ces deux modes jette indirectement une lumière sur
les visées inconscientes de ce retravail de la réalité du sujet dont est
porteuse l'entreprise idéographique : et s'il apparaissait qu'une
déhiscence, qu'une fissure dans le système fermé place le sujet à
l'abri de la muraille de la perfection reconstituée dans laquelle le
code écrit rend compte de lui, mais dans le même temps le rend
mutique ? Pris entre deux langages, le sujet ne s'est jamais dit, en
Chine, comme sujet. Et pour cause : le système de langage dont il
s'est doté a visé à le pourvoir en inviolabilité.
Il n'y a rien qui soit « autre », dans la civilisation chinoise, ou du
moins il ne devrait rien v avoir de tel pour la psychanalyse. Tout au
contraire, la Chine doit a son svstélinguistique et scripturaire
unique au monde un riche patrimoine de métaphores, qu'il faut
regarder comme autant de pierres de touche des processus de l'in-
confident.