Cinema

C’est le genre de film qui met plutôt mal à l’aise parce qu’on ne sait pas s’il inclut le fait qu’on s’identifie aux personnages et à leurs valeurs, à leur idéologie qui est peut-être celle du film (du cinéaste) ou non. Bref, je m’agace de sentir que je suis supposée trouver Laurence et ses choix formidables, d’admirer sa posture, son courage, peut-être même de la trouver belle, comme le lui disent, dans ces scènes censées représenter le comble de la féminité, entre une mère et sa fille, entre deux amies, dont l’une immanquablement dirait à l’autre, toute rougissante de bonheur et de pudeur...
la piel que habito
Almodovar, La piel que habito Je ne vais pas vous inciter à aller voir un film d’Almodovar puisque nous sommes sans doute nombreux à guetter la sortie du dernier opus du grand cinéaste, comme du dernier Woody Allen ou Martin Scorcese, Herzog, Wenders ou Godard. Ne me reprochez donc pas de dévoiler la fin. Si vous n’avez pas vu le film, ne lisez pas ceci. Si vous l’avez vu, vous pouvez y retourner. Car le plaisir est encore plus grand la deuxième fois. Ce qui prouve que tout le bonheur d’un film n’est pas dans le suspens et les mystères d’une intrigue, même si cette dernière est...
Une separation
Histoires de famille Une séparation Par un hasard extraordinaire, je suis allée voir le film Une séparation avec ma mère qui passait deux jours à la maison. Que faire ? Du tourisme, des salons de thé, un peu de chaise longue et… si on allait au cinéma ? Nous partageons cette passion. Elle ne fait pas attention, ne sait pas où je l’emmêne. Dès les premières minutes, je sens qu’elle se crispe, s’énerve. Voilà qu’elle se tortille, maugrée, fait mine de vouloir sortir. Finalement, elle reste, tout en grognant à côté de moi. En sortant, c’est le scandale, elle interpelle la pauvre dame du cinéma...
Une separation
Une séparation : Le jeu de la vérité Le cinéma iranien nous avait déjà fait cadeau de celui qui est, à mes yeux aujourd’hui, l’un des plus grand sinon le plus grand des cinéastes de notre temps Abbas Karostami. Il nous livre aujourd’hui un véritable bijou qui fera date dans l’histoire du cinéma. « Une séparation » sera en effet, j’en suis persuadé, projeté dans les écoles de cinéma et instruira nombre de futurs réalisateurs. Pour une fois la critique ne s’y est pas trompée puisque ce film a été salué par de nombreux prix au festival de Berlin et que la critique française lui a, de son côté,...
un debut
Difficile de ne pas aller voir ce film quand on est professeur et qu’on a vu et aimé Récréations, Être et Avoir, Entre les murs, grands prédécesseurs qui ont révélé le goût du public pour l’école et ses questions, et même la cinégénie de celle-ci. De fait, les enfants sont beaux, attendrissants, comme le signalait assez la bonne dame d’à côté qui, entre deux reniflements, soupirait, « ah, qu’il est mignon ! ». Les cinéastes s’en sont donné à cœur joie de plans de demi-ensemble ou rapprochés sur ces petites têtes penseuses, parfois endormies, dodelinant irrésistiblement, parfois très...
Festival International du film d histoire  Pessac
Après la fête Le festival du film d’histoire de Pessac est terminé. Nous étions quelques uns à traverser hier soir les halls soudain déserts et à regarder le magnifique film de Sembene Ousmane (donné une première fois dans la semaine), Le Camp de Thiaroye. On se sentait mélancolique après ces journées enfiévrées de débats, de projections, de rencontres (car on parle également entre spectateurs, parfois). Finir par Le Camp de Thiaroye, c’était revenir et conclure sur l’abomination que fut la colonisation, et le sentiment de tristesse que nous avions en sortant, s’accompagnait d’un...
des filles en noir
Des filles en noir, Jean-Paul Civeyrac, 2010 Synopsis : Noémie et Priscilla, deux adolescentes de milieu modeste, nourrissent la même violence, la même révolte contre le monde. Elles inquiètent fortement leurs proches qui les sentent capables de tout... On pourrait partir de la présentation de la gazette du cinéma Utopia (Bordeaux) : « Tous les ans, 5000 jeunes de 15 à 24 ans mettent fin à leurs jours […] très souvent sans que les parents aient rien vu venir ». Un peu plus loin, le même rédacteur loue le « délicat et trop rare Jean-Paul Civeyrac d’avoir choisi une fiction sensible, loin de...
Abellatif Kechiche, Yahima Torres, Vénus Noire, 2010. « Exhibition business ! » je n’ai pas coutume de privilégier les acteurs et en cela, je suis bien de ma génération, celle qui croit au cinéma d’auteur ! mais on comprendra qu’il faut faire exception ici et associer Yahima Torres à la réussite du film Vénus Noire. Le film d’Abdellatif Kechiche est épatant, dans tous les sens du mot. Quelle énergie, quel art du cadrage, du mouvement, du montage, de la mise en scène, de la direction d’acteurs ! Tout est à couper le souffle, à commencer par la performance de la Venus hottentote dans ses...
Anne Linsel et Rainer Hoffman, Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch, 2010. Le film de Linsel et Hoffmann est vraiment le plus beau film que j’aie vu depuis bien des mois. La danse y est magnifique, le parcours du film s’accomplit impeccablement, le documentaire n’est jamais lourdement pédagogique ou informatif, tout en donnant à un événement toute sa mesure, humaine, artistique, pédagogique. C’est un très beau film sur la transmission, sur l’adolescence, sur l’art et la vie, sur Pina Bausch et Kontakthof. La première image, où l’on voit les jeunes danser Kontakthof, avançant en...
Au fond des bois Benoit Jacquot
CLINIQUE DE L’AMOUR Gérard Wajcman On connaît la petite histoire qu’Hitchcock raconte à Truffaut, du scénariste qui avait des idées formidables la nuit, en dormant, et qui, ayant réussi un soir à en noter une, retrouve au matin un papier sur lequel est écrit : Garçon tombe amoureux d'une fille. Quand on voit un film comme Au fond des bois , ce n'est pas la malice de la blague d'Hitchcock qui frappe, plutôt qu'elle dit simplement la vérité simple du cinéma : Garçon tombe amoureux d'une fille , c'est l’idée formidable du cinéma. Comme si, avec le crime, il avait...

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