Lettre du 5 Septembre 1953

Ce 5 sept. 53

Mon cher Marc.

Je ne puis te faire un exposé historique complet de tout ce que j'ai fait ces mois derniers. Qu'il te suffise de savoir que j'ai fondé une nouvelle société avec Lagache – entraînant avec nous la majorité des élèves.

Depuis, Congrès, débats, lettres, tout cela très tonifiant pour moi. Car enfin je vais pouvoir faire l'enseignement que je veux (et à la Clinique).

Pour l'instant le nœud est à Rome, où je vais donner mon rapport sur le langage dans la psychanalyse dans toute son ampleur.

Je crois que cela aura quelque effet.

Mes élèves les plus sages et les plus autorisés, me demandent d'obtenir une audience au Saint-Père.

Je crois que je suis assez porté à le faire et que ce n'est pas sans un profond intérêt pour l'avenir de la psychanalyse dans l'Eglise que j'irai porter au Père commun mon hommage.

Crois-tu que tu puisse faire quelque chose pour cela ?

Je passe à Rome le 26 Septembre. Je t'écrirai bientôt à quel endroit précis.

J'y serai une semaine avant, quelques jours après s'il le faut.

Tout cela est rapide. Mais je suis plongé dans ma rédaction définitive qui doit être ronéotypée dans quelques jours.

Nous nous sommes mariés avec Sylvia à Aix le 17 juillet.

Sylvia t'envoie ses meilleurs pensées.

Moi mon amitié fidèle.

Je t'enverrai le texte de mon rapport dès qu'il sera livré.

Jacques

Le P. Beirnaert va peut-être te faire signe il est à l'adresse suivante le « Chatelard »

Francheville le Haut

Rhône.

(Note de S. Hajlblum. Effectivement, j'ai vu dans le carton des papiers de Marc Lacan, que les moines de l'Abbaye de Ganagobie ont laissé à ma disposition, un exemplaire ronéotypé du rapport de Rome. Ils ne m'en ont pas fait une photocopie, disons faute de temps. Ils m'en avaient déjà donné beaucoup, le texte était trop volumineux, et le rythme de vie des bénédictins rythmé par les nombreux moments de prières. J'ai été très chaleureusement convié dans la bibliothèque de l'abbaye entre deux moments de prières. Ce qui était déjà d'une ouverture exceptionnelle. Et, naturellement, ils ne m'ont pas donné ces documents…)