- Œdipe
- Prix
- Vidéos
- Lire
- Actualités
- Critiques
- Dossiers
- Grande traversée - Moi, Sigmund Freud
- Lettre de démission de l'Ecole Freudienne de Paris J. Favret-Saada
- Hyperactivité de l'enfant
- Loi du 5 juillet 2011 : interview
- Décrets relatifs à l'usage du titre de psychothérapeute
- L'affaire Onfray
- Mai 68 : sommaire
- Dossiers Interview de jacques Sedat à propos de la parution des travaux de François Perrier
- Le cas 'Richard'
- Chronologie
- Autisme et Psychanalyse
- Colloque : « Du Séminaire aux séminaires. Lacan entre voix et écrit »
- Documents concernant Jacques Lacan
- Livres de psychanalyse
- Revues de psychanalyse
- Newsletters
- Enseignements
- Adresses
- Questions
- Loisirs
Èdito :La génération de nos enfants est-elle pacifiste (sans le savoir)
Èdito :La génération de nos enfants est-elle pacifiste (sans le savoir)
La génération de nos enfants est-elle pacifiste (sans le savoir)
L’histoire du pacifisme est une histoire complexe qui débute du moins sous ce terme au début du XXe siècle. Elle se poursuit sous divers aspects avant et après la première guerre mondiale laquelle, rappelons-le pour les générations qui nous ont précédés, a vu pas moins de 25% des jeunes de 25 à 40 ans disparaître dans les tranchées. Laurent Mauvignier dans son ouvrage justement couronné par le prix Goncourt fait d’ailleurs référence à cette horreur de la guerre et la peur de la plupart des Français que « ça recommence »
Ceux qui ont lutté pour éviter une nouvelle hécatombe en formant comme l’a appelé Romain Rolland « l’embryon d’une internationale de l’intelligence » ont hélas échoué dans leur projet.
Bien qu’il y eût un pacifisme de droite très minoritaire, ceux qui se voulaient pacifiste, (position qui pour beaucoup n’était pas l’équivalent de refuser la guerre en toutes circonstances), étaient en tout cas pour la plupart à l‘image de Jaurès ou de Marc Sangnier le créateur du « Sillon » « de gauche »
Il n’est pas dans mon propos, on le comprendra aisément, de développer ici l’histoire passionnante de ce concept. Mon interrogation est née de quelques conversations avec mes enfants et aussi de quelques bribes saisies au hasard d’une émission à laquelle se trouvait convié le responsable d’un « podcast » suivi par plusieurs millions (!) de followers (moi aussi j’apprends le français d’aujourd’hui). Et de sentir combien les propos tenus par ce dernier résonnaient comme l’écho d’une position largement partagée par toute une génération.
Il me semble que cette position peut à grands traits se résumer ainsi. Tout le monde a le droit de parler. Tout le monde a le droit de dire ce qu’il veut, voire de faire ce qu’il veut. Toutes les opinions sont audibles aucune censure de quelque ordre que ce soit n’est acceptable. Il est donc parfaitement normal de recevoir et d’interviewer (je récidive) aussi bien Dieudonné que le Grand Rabin de France, Oussama Ben Laden que le responsable des ligues d’extrême droite israélienne. Bref, tout le monde sans exception. On reconnaîtra aisément dans cette position son origine anglo-saxonne qui évidemment s’oppose frontalement à l’idée que je me fais de ce que peut être le vivre ensemble démocratique. Je vois bien, et c’est en cela que le terme de pacifisme m’est venu, qu’il s’agit au fond, d’éviter tout conflit. Oui mais voilà, les conséquences de cette position se font chaque jour plus envahissantes ; Elles ont pour nom là encore un terme emprunté au vocabulaire anglais les « fake news » . Car, s’il est loisible de dire n’importe quoi, si le mensonge et la vérité sont dans une situation équivalente alors tout est permis. On le voit à l’évidence avec les propos aberrants d’un Donald Trump qui même et surtout s’ils choquent le commun des mortels, s’ils font fi de toute vraisemblance, s’ils s’assoient allègrement sur des faits établis, font cependant et d’autant plus qu’ils sont totalement absurdes, rapidement le tour du monde et atteignent jusqu’au plus reculé des habitants de la terre. Aucun ne semble pouvoir y échapper. Mais, ce qui est encore plus grave, c’est que le modèle semble largement se répandre comme une traînée de poudre et en particulier par l’intermédiaire des réseaux sociaux, dont on commence seulement à percevoir la puissance et le danger qu’ils font peser sur la démocratie. Elle gagne aussi les médias dont certains passent dans l’escarcelle de milliardaires connus pour leurs sympathies d’extrême droite.
Aujourd’hui cela n’échappera à personne, les bruits de bottes se font de plus en plus insistants. Aucune naïveté n’est désormais permise qui autoriserait que se mettent en place des manipulations conduisant au pire.
Mais sur le site oedipe toutes les opinions ne sont-elles pas permises, au moins celles concernant la psychanalyse ? Eh bien non, on ne peut pas dire ici n’importe quoi et je m’en porte depuis le début le garant. J’espère en ce domaine ne pas faillir à ma tâche. Elle est, à mon sens, essentielle. Tout le monde a le droit de s’exprimer, à condition de le faire en son nom et pas sous un pseudonyme, et certainement pas pour autant de dire n’importe quoi. J’ai appris très tôt à me méfier du fil de l’eau et des opinions qui semblent aller de soi, être « de gauche » et paraître tellement sympathique, car ce qui découle de cette coupable naïveté peut bien, à terme, se révéler impossible hélas, à circonvenir .
L. Le Vaguerèse
- Connectez-vous ou inscrivez-vous pour publier un commentaire