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Monographies et débats de psychanalyse

Depuis l'effondrement du mythe du Progrès au cours du XXe siècle, tous
les champs de la culture se sont confrontés à une réflexion éthique. En
tant que méthode thérapeutique, la psychanalyse ne pouvait échapper à
l'éthique séculaire médicale, tout comme actuellement à l'éthique du soin.
Mais en tant que méthode basée sur le transfert de motions pulsionnelles,
c'est l'« homme de l'éthique », avec ses valeurs morales et esthétiques, qui
l'interpelle et la contraint à préciser ses principes spécifiques. La révélation
par la règle fondamentale des multiples transgressions possibles, qu'elles
soient agies ou internes au fonctionnement psychique lui-même, leur
pouvoir de contagion contre-transférentielle, exige de l'analyste qu'il les
reconnaisse et les interprète en tant que telles. La formule de Freud, « sin-
cérité totale contre discrétion absolue », soutient cette exigence d'avoir à
côtoyer et penser le transgressif plutôt que de le bannir et le condamner.

Bernard Chervet est psychiatre, psychanalyste, membre titulaire formateur et président de la Société psychanalytique de Paris. Il est également
membre du comité éditorial des « Monographies et débats de psychanalyse ».

Jean-Michel Porte, psychiatre, psychanalyste, est membre titulaire
formateur de la Société psychanalytique de Paris qu'il a présidée entre
2007 et 2011. Avec le professeur Claudio Eizirik, ancien président de
l'Association psychanalytique internationale, il a présidé le colloque dont
les actes sont publiés ici.