Généalogie du désir à l'oeuvre

Ignacio Gârate Martinez exerce comme psychanalyste à Bordeaux depuis 1982. Membre d'Espace analytique depuis sa création, il a construit son rapport à l'éthique de l'expérience psychanalytique à partir de l'héritage spirituel de Maud Mannoni et l'empreinte vivace de renseignement de François Tosquelles, Octave Mannoni, Michel de Certeau, Xavier Audouard, Joël Dor. C'est dans ce désir d'ouverture et de militer pour une «politique de la psychanalyse » qu'il a fondé l'Espace analytique d'Aquitaine et du Sud-Ouest et dirige aux éditions ères la collection « La clinique du transfert ».

Ignacio Gârate-Martmez

I'expérience d'une
psychanalyse

Généalogies du désir à l' œuvre

« Pour fonder son style propre en psychanalyse - et la psychanalyse n'est pas seulement les "effets"
que l'on produit, mais tout autant la "théorie" que l'on parvient à produire sur ces effets -, il
convient de s'éloigner du texte qui nous a formés pour interroger notre expérience et la laisser dire
jusqu'à l'erreur s'il le faut. Dire comme un devoir éthique sans souci excessif de la cohérence ou
des ruptures épistémologiques. Dire l'expérience d'une analyse pour témoigner du parcours d'une
parole en actes.

Cette parole semble chez moi ancrée autour des questions qui touchent à la fonction paternelle, à la
position filiale, à l'intégration de la loi, la plénitude de la joie, l'énigme de l'amour... Toutes ces
expériences impossibles autour desquelles tourne ma clinique et qui se déplacent avec les cures
qu'il m'est donné de conduire. Il n'y a pas de psychanalyse en dehors de la clinique du transfert.

L'expérience d'une psychanalyse ne change pas une personne ; le déplacement qui s'y opère est
oblique, le sujet n'y prend pas un sens contraire dans la direction de sa vie, cela se passe hors sens,
dans la constatation que nos actes portent autrement, même si nous demeurons "le même". Nos tics,
nos amours, nos lubies, notre culture, nos habiletés subissent des petits détours, des variations
d'intensité parfois, mais en restant là où c'était : ce qui "transforme", c'est la manière de dire 'je"
qui advient et qui produit une chimie différente dans la chanson de nos vies. » I.G.M.