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Freud, la dernière confession
Freud, la dernière confession
Je vous évite le synopsis officiel du film car il est particulièrement débile et de plus tout à fait inexact. Si vous voulez voir le film je vous conseille d’éviter de le lire.
Freud La dernière confession
De Matt Brown
Avec Anthony Hopkins, Mattew Goode et Liv Lisa Fries.
Titre original Freud Last Session
En salle le 4 juin
Freud La dernière confession
De Matt Brown
Avec Anthony Hopkins, Mattew Goode et Liv Lisa Fries.
Titre original Freud Last Session
En salle le 4 juin
Philippe Hagué et Monique David-Ménard qui présentait le film et dont je retranscris ici les informations qu’elle a fournies lors de cette présentation, avaient eu la gentillesse de m’inviter à l’avant-première. Salle d’ailleurs clairsemée, goguenarde à la vue du film et quelque peu déprimante à mon goût. Le film pourtant est loin d’être sans valeur même si, autant le dire d’emblée, la psychanalyse n’y est pas vraiment présente.
Il s’agit donc au départ d’un livre puis d’une pièce de théâtre, et c’est de cette pièce qu’est tiré le film. Sont mis en présence outre Sigmund Freud, un irlandais féru de théologie catholique C.S Lewis lequel a réellement existé même si sa rencontre avec Freud est purement fictive et la fille de Freud, Anna qui l’a suivi dans son exil et s’occupe de lui. Nous sommes à Londres où Freud, qui a dû quitter Vienne devant les menaces qui pesaient sur lui et sur sa famille a dû se résoudre à se réfugier malgré ses réticences.
Cette rencontre entre le théologien C.S Lewis et Freud encore une fois, est purement fictive. Nous sommes donc, c’est important de le souligner, devant une fiction même si la plupart des données historiques et biographiques m’ont semblé grosso modo exactes. (J’avoue que je ne me souvenais pas que Freud avait eu un temps une nounou catholique !) Il est donc vain de chercher quelque vérité dans les propos échangés sur l’écran.
Monique David-Ménard dit avoir à l’occasion de cette présentation relue la correspondance de Freud avec Pfister car le dialogue censé se dérouler entre Freud et Lewis est supposé porter sur la question de la religion, l’athéisme de Freud se confrontant à la foi de Lewis, ceci alors que Freud se sait mourant. Elle remarque que rien dans cette correspondance avec le pasteur Pfister ne valide les propos que Freud est supposé tenir dans cette fiction.
En arrière-fond de cet échange où Freud apparaît surtout comme un homme désabusé et caustique, nous est esquissée la relation entre Freud et sa fille matinée de scènes évoquant de façon insistante l’homosexualité d’Anna.
Du côté des points positifs, le jeu des trois acteurs m’a paru excellent, avec un Anthony Hopkins en tout point remarquable. Côté déception, le fait que le film soit tiré d’une pièce fait que les dialogues sont omniprésents et le film de ce fait assez bavard.
Peu de films ont été tournés sur la vie de Freud. Dans le « Freud, Passion secrète » de John Huston dont j’avais mis un temps une copie sur le site et que j’avais dû retirer du fait de l’insistance des distributeurs, le scénario auquel Sartre avait un temps collaboré traitait des premiers pas de Freud en tant que psychanalyste. Le film est loin d’être nul. Il existe en DVD et mérite le détour. Pour le reste je n’en connais pas d’autres. Il y aurait un autre film de Cronenberg sur la relation Freud-Jung mais je ne l’ai pas vu. Dans le film, « «Freud last session » bêtement traduit par « Freud la dernière confession » ! Au lieu de la dernière consultation, Freud et sa fille apparaissent comme des personnages historiques auxquels on peut faire dire à peu près n’importe quoi. Sans doute, faut-il se résoudre à l’évidence : C’est aujourd’hui, la dernière place tenue malheureusement par la psychanalyse dans ce monde du XXIe siècle.
Laurent Le Vaguerèse
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Comments (2)
C'est très tentant,ce film dit bavard avec cet acteur genial que je n'imaginais pas en Freud..
Permettez moi ces quelques mots sur notre temps.
L'image degradée de la psychanalyse temoigne de la fermeture de l'inconscient dont on avait des premisses avec la resurgence de croyances irrationnelles.
Comme avant le nazisme. Il y avait à craindre de cet avenir où nous sommes presque.
Avec la censure, la negation au nom de bons sentiments du mal en soi, certes à combattre en l'autre, mais d'abord en soi, alimente la jouissance paranoiaque de la projection.
A nouveau "le" juif est le representant de la jouissance interdite du père de la horde primitive.
Mais aussi une parano anti-mâle, tenant pour viol traumatisant un regard, un mot, une main baladeuse, interdisant de ce fait un des sens comme indecent: le toucher.
Epoque evoquant le maccartysme.
Nous ne pouvons que le dire en esperant que ça suffira à freiner le retour du refoulé possible, c'est à dire barbare, engendré par une recherche pervertie du bien.
Retour qui peut se voir déjà dans les exploits d'une certaine Sophie Pommier qui arrachait les photos des enfants otages Bibas, Kfir, un bébé de 8 mois et Ariel, son frere de 4ans. On sait à present qu'ils ont été assassinés avec leur mère.
Qu'est ce qui peut pousser une femme à ce desir d'effacement de victimes?
Le bien. Elle le faisait au nom du bien.
Est-ce trop tard?
Le film de David Cronenberg, "A dangerous method" de 2011. a été commenté sur le site Oedipe à l'époque de sa sortie en salle. Il est fort intéressant, non seulement sur la relation entre Freud et Jung avec d'ailleurs des séquences tournées à Vienne mais aussi parce qu'il met au centre de l'intrigue Sabina Spielrein d'abord analysée par Jung et qui deviendra son amante, femme au destin tragique qui n'a pas été sans inspirer Freud pour élaborer la "pulsion de mort".
Contrairement à la "dernière séance" c'est un "vrai film" comme sait le faire Cronenberg avec un intrigue soutenue et pas la mise au cinéma des répliques d'une pièce de Théâtre.
On trouve aisément le film de Cronenberg en DVD.
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