Littérature

Ce qui reste de nos vies. Zeruya Shalev Prix Fémina étranger 2014

Zeruya Shalev Ce qui reste de nos vies roman traduit de l'hébreu par Laurence Sendrowicz Gallimard 2014 Prix Fémina étranger 2014 Le titre du dernier roman de l'auteure israélienne Zeruya Shalev Ce qui reste de nos vies s'entend d'abord comme une question sur ce que nous laisserons derrière nous à notre mort. Quelles traces nous survivront ? Il s'avère très vite que la véritable interrogation porte ailleurs. Elle concerne la part qui nous reste à vivre à l'approche de la mort, la nôtre ou de celle d'un être proche. Zeruya Shalev nous raconte une histoire de passages difficiles ; ils se...Lire la suite
philippe claudel
"J'abandonne" 1 L'auteur, Philippe Claudel, a choisi de nous offrir un roman sur les prélèvements et les greffes d'organe à l'intérieur d'une tragédie qui respecte l'unité de lieu : une pièce appelée « le confessionnal », l'unité de temps : à peu près deux heures, l'unité d'action : recueillir une autorisation de prélèvements d'organe auprès de la mère d'une jeune fille en mort cérébrale 2 Sur leur fiche de paie ils sont « psychologue ou thérapeute », mais dans le milieu où ils gravitent, on les surnomme les hyènes. Ces deux là sont chargés d’annoncer la mort et d’obtenir de la famille l’...
Réparer les vivants de Maylis de Kerengal Gallimard On nous annonce un roman, mais c’est plutôt une ode à la transplantation. Tous les personnages, du coordinateur à l’infirmière et au chirurgien, sont intéressants et originaux ; chacun a sa beauté et on se ferait prélever de bon cœur, rien que pour faire la connaissance de tous ces gens merveilleux. Il sont d’une extrême délicatesse et ne commettent jamais de fausse note (si, on nous en offre tout de même une seule, mais est-ce vraiment une fausse note : l’infirmière qui soigne le corps du donneur lui parle gentiment comme elle le fait aux...
confiteor
La faute du violon Le livre de Jaume Cabré, Confiteor a du volume, fait volume, règle son volume au son de ce violon dont l’écho traverse la superposition d’au moins cinq cent ans d’histoire : de l’Inquisition à la solution finale, de la vie cloitrée des monastères au camp d’extermination d’Auschwitz. Là où on meurt par le feu ou par les gaz. Certes, beaucoup de personnages de ce roman ont joué de cet instrument mais c’est plutôt lui qui les a joués, trompés, abusés. C’est le violon lui-même qui les a instrumentalisés. «Ce violon n'est pas à moi, c'est moi qui est à lui. C'est toi qui...
double issue
Double issue, Désirée Boillot (Zonaires éditions : http://www.zonaires.com , 12 euros, 119 p) L’amère tension du manque Le mythe de Cendrillon réactivé ? C’est bien le moins pour une telle figure, en attente éternelle de la reconnaissance d’un regard… Double issue, c’est le récit d’une jeune déshéritée, une « desdichada » que tout prédestinait au bonheur : son intelligence, sa curiosité des choses de la vie, son goût pour la rêverie et son amour immense des livres. De la déshéritée elle a toutes les qualités : du regret de l’enfance perdue à la douceur nostalgique d’un amour pour le père...
confiteor
CONFITEOR de Jaume Cabre. Actes Sud 2013 Bien que dans ma jeunesse lointaine, les livres épais ne me rebutassent point, (j’ai beaucoup aimé et relu bien des fois les frères Karamazov), j’ai maintenant horreur des gros bouquins, et celui-là, qui fait presque huit cent pages m’avait d’abord rebuté par son poids dont déjà souffraient mes mains. Mais j’ai entendu mon libraire en faire grand éloge dans sa boutique de bon accueil. - C’est le meilleur roman étranger de l’année, disait-il. Me voilà donc avec les 770 pages de « Confiteor ». Retraité et seul à la maison pour quelques jours, ce livre ne...

Lu et entendu de Michel Schneider

Le psychanalyste Michel Schneider est connu pour de nombreux essais, Voleur de mots, -(Gallimard, 1985), Maman, (Gallimard, 1999), Morts Imaginaires,( Grasset, 2003), pour ne citer que les plus célèbres ; il a aussi écrit un roman en 2011 Comme une ombre (Grasset). Lu et entendu rassemble des articles qui ont fait l’objet d’une première publication dans la Nouvelle Revue de psychanalyse et dans la Revue française de psychanalyse. Le propos est dense, j’en ai privilégié deux pôles : l’analyse de la naissance de la pensée, et celle du déni à travers le texte proustien et une nouvelle de Henry...Lire la suite

David Le Breton, Une brève histoire de l'adolescence, Béhar

1 David Le Breton, Une brève histoire de l’adolescence, Béhar, 14,90€, 2013. « Un moment d’ajustement pour entrer dans l’évidence du monde ». Voilà comment David Le Breton 9 nous définit l’adolescence, dans cet ouvrage hors pair, qui va devenir, n’en doutons, pas la bible de tous les parents, enseignants et éducateurs. Moment de crise s’il en est, et surtout de grande vulnérabilité, C. Dolto, la qualifiait dans le Complexe du Homard, de temps de mue où il s’agit de se dépouiller de l’enfance, tout en en traversant le deuil, pour se mesurer au monde des adultes et en endosser les...Lire la suite

Mères et bébés sans-papiers, sous la direction de Christine Davoudian

3 janvier 2013 Mères et bébés sans-papiers, sous la direction de Christine Davoudian, Érès, collection 1001 bébés,Toulouse, 2012, 245 p. Une lecture par José Morel Cinq-Mars Invisibles. On aurait pu appeler ça « clinique des invisibles » tant le signifiant court d’un texte à l’autre de ce recueil qui s’efforce, précisément, de sortir de l’invisibilité qui les condamne ces femmes, avec leur bébé à naître ou tout juste venus au monde et qui, parce qu’elles sont nées dans un autre pays, peut-être en guerre, peut-être en famine, ont fait la longue route qui devait les mener vers un pays dont on...Lire la suite

Séparation. Nicole Malinconi

Séparation. Nicole Malinconi. Éditions Les Liens qui Libèrent, 2012. Il y a pas mal de récits de cure. Je pense évidemment à Marie Cardinal dans Les mots pour le dire ; Jean-Guy Godin dans Jacques Lacan, 5 rue de Lille ; Pierre Rey, dans Une saison chez Lacan ; ou encore Raymond Queneau qui raconte son expérience sur le divan dans un long poème, Chêne et chien. En fait dans tous ces récits, quelles que soient par ailleurs leur qualité littéraire et l'émotion qui s'en dégage, j'ai toujours eu l'impression de répétition, voire d'une certaine banalité. Comme s'il y avait dans toute cure un...Lire la suite

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